Jerzy Piwowarczyk

artiste photographe, plasticien, comédien


Les Hêtres humains

photo de Jerzy Piwowarczyk, artiste photographe

Les Hêtres humains


photo de Jerzy Piwowarczyk, artiste photographephoto de Jerzy Piwowarczyk, artiste photographe


Après une première vie de comédien qui l'a amené à parcourir les planches de nombreux théâtres de Varsovie à Paris en passant par Avignon, Jerzy Piwowarczyk s'est offert une seconde existence en se consacrant à son autre passion de toujours, les arts plastiques et notamment la photographie et le collage.

Installé à Saint-Jean de la Motte, c'est dans la campagne environnante de cette petite commune de la Sarthe que Jerzy a trouvé ses sources d'énergie et d'inspiration. Lors de ses déambulations champêtres et sylvestres, il passe des heures à poursuivre son ombre, à faire parler les aspérités de la nature et à attendre le soleil. Son travail résulte de la symbiose fructueuse et féconde d'une silhouette intrigante, d'une lumière et d'une surface toujours changeantes. Les contours ainsi tracés laissent entrevoir des êtres faits de roches, de feuilles et très souvent d'écorce.

Les photographies de Jerzy sont une plongée dans l'être. Plongée à divers niveaux de profondeur. Chaque image peut être vue comme « une partie de la vérité sur l'état d'âme et les émotions de l'artiste », une expérience à travers laquelle celui-ci « explore et retrouve son moi profond »1. C'est également une vision au cour de la nature qui donne cette impression qu'« avec l'oil de Jerzy, vous ne voyez pas l'arbre ou son écorce mais c'est l'oil de l'arbre qui vous regarde »2.


Mais peut-être plus encore que la mise en abyme du regard de l'artiste ou de la nature, c'est celle de notre propre regard qui est à l'ouvre dans le travail de Jerzy. A travers ces figures défigurées, ces miroirs déformants, c'est nous même que nous tentons de reconstituer. Le magnétisme et la beauté troublante des visages qui prennent forme dans la rencontre de l'écorce et de l'ombre stimulent notre imaginaire et nous font prendre conscience de notre présence face à l'ouvre. Devant ces représentations imparfaites nos sens en éveil cherchent à retracer, à réparer les lignes familières de la figure humaine, questionnant à travers cet exercice nos peurs ou zones de malaise en même temps que nos conceptions traditionnelles du beau, normal ou humain. Des traits abstraits naissent, petit à petit, des postures et des expressions évocatrices.

Bien qu'elles ne revendiquent aucune préoccupation environnementale particulière, les ouvres des Jerzy nous invitent aussi à interroger notre relation à la nature et à l'espace qui nous entoure. Elles nous amènent à méditer sur cette tendance de l'homme à vouloir se voir et se reconnaitre tout le temps, cette manie de vouloir imprimer sa trace à chaque endroit où il passe, oubliant souvent le dialogue subtil avec la nature qui lui a toujours permis, et qui seul lui permettra, de continuer à évoluer. Dans le silence d'une rencontre visuelle, une discussion nouvelle et secrète peut débuter entre le regardeur et les « Hêtres Humains ».

A la fois allégorie de notre passage éphémère, source de réflexion sur les équilibres à trouver et à maintenir, ces portraits d'ombres, posées sur l'écorce, illustrent comme autant de facettes notre nature complexe, belle et monstrueuse.

Simon Cau
Galerie Simon Cau dont Jerzy Piwowarczyk est l'un des artistes représentés.

1- texte de présentation de l'exposition « Je n'ai jamais été aussi près de moi-même. », Anitta Maksymowicz,commissaire de l'exposition au Musée National De Ziemi Lubuskiej, Pologne, (20 oct. 2010 - 20 janvier 2011)

2- Lettre de présentation de Pascal Larue, metteur en scène et comédien, pour l'exposition photographique au Salon de l'Hôtel de Ville d'Allonnes

(*)Toute représentation, reproduction ou trucage de photos publiées est illicite sans concentement de leur auteur.

jerzy.piwowarczyk@orange.fr